janvier 2018



Meilleurs vœux à toutes et tous !

Que cette nouvelle année vous apporte le meilleur

Qu’elle soit l’occasion de (re)passer à l’Attac !


Dans l'actualité:

# Notre-Dame-des-Landes
# Évasion fiscale
# Stop CETA
# Loi Travail
# Services publics
# Transition sociale et écologique







 

 

 

Attac Paris 19-20 - notre actualité :

Réunion du comité local

Jeudi 1er février à 19h30
Maison des Associations du 20ème
1-3 rue Frédérick Lemaître, Paris 20e

Projection-débat

Les pieds sur terre
Film documentaire de Batiste Combret & Bertrand Hagenmüller, 80 min
Au cœur de Notre-Dame-des-Landes...
suivi d'un débat animé par Hervé Roussel-Dessartre (Attac)

Jeudi 25 janvier à 19h30
Centre Ken Saro-Wiwa
63 rue Buzenval, Paris 20e
Entrée libre

Spectacle-débat

Le cabaret de la crise
Un spectacle de saynètes dialoguées, chansons, monologues slam, chorégraphies et autres joyeusetés par la Compagnie Canopée

Jeudi 15 février à 19h30
Centre d'animation Curial
16 rue Colette Magny, Paris 20e
Entrée libre

Lettre mensuelle d'Attac Paris 19-20

La Lettre est accessible sous l'onglet "Documents et Archives"

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(3 ou 4 envois par mois), laissez-nous votre adresse mail au moyen du formulaire de la page "Contact"

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A bientôt !



Notre édito

Les évadés fiscaux poursuivent Attac en justice !

Attac, qui dénonce l'évasion fiscale depuis vingt ans, est poursuivie en 2018 par Apple et BNP Paribas pour des actions citoyennes non violentes visant à attirer l'attention des pouvoirs publics, superbement inertes, sur les pratiques fiscales scandaleuses de la banque et de la multinationale. Chaque année en France, l'évasion fiscale soustrait 60 à 80 milliards d'euros au budget de l'Etat, creusant le déficit public et servant ainsi de prétexte aux mesures d'austérité qui pèsent sur les plus pauvres et qui ont pour autre nom : impunité fiscale des plus riches.

Le 6 février, Nicole Briend, militante d’Attac, est convoquée devant le tribunal de Carpentras, à la suite d’une plainte déposée par BNP Paribas. Son tort : avoir participé à une action symbolique visant à pointer le rôle de la banque dans l'évitement de l'impôt par les plus riches.

Le 12 février, Attac est convoquée devant le tribunal de grande instance de Paris suite à une assignation en référé déposée par Apple aux fins d'empêcher les actions non violentes de la campagne #iPhoneRevolt.

Ces actions en justice obéissent à la même logique : bâillonner Attac et dissuader de se manifester tous ceux que cette injustice révolte.

Rappelons que BNP Paribas est la banque française qui réalise le plus de bénéfices dans les paradis fiscaux. Elle a été condamnée en 2017 pour ces pratiques par les autorités fiscales britanniques. Elle poursuit également le financement des énergies fossiles, contribuant au dérèglement climatique et bafouant l'accord de Paris sur le climat.

Apple, de son côté, est visée depuis fin 2017 par une plainte pour « tromperie et obsolescence programmée ». Mais surtout, en 2016, la commission européenne a sommé la multinationale de payer une amende record de 13 milliards d'euros pour ses pratiques d'évasion fiscale – amende qui n'a toujours pas été payée…

Quand les autorités politiques et judiciaires s’attaqueront-elles aux vrais coupables ? Attac appelle à une large mobilisation des citoyen·ne·s, des forces sociales et politiques.

Soutenez-nous le 12 février à Paris et sur https://france.attac.org/.






 

 

Abandon de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Que la Zad vive et s’enracine !


Depuis des années, Attac s’est engagée dans la lutte, vieille de près de 50 ans, contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Nous avons toujours dénoncé ce projet inutile – il est possible de mettre à niveau l’aéroport existant –, nuisible – il est destructeur de terres agricoles et de la biodiversité du bocage –, dévoreur d’argent public au profit de Vinci, et en contradiction complète avec la lutte contre le changement climatique… Nos militant·e·s locaux ont participé activement à l’incroyable résistance sur la Zone à défendre (Zad) et partout en France, dans les 200 comités de soutien.

Cette résistance face au projet d’aéroport a tenu et s’est élargie : c’est un grand succès face au défaitisme et aux forces pro-aéroport – l’État, certaines collectivités territoriales, Vinci et les intérêts financiers liés... Bien avant le début de la médiation décidée par Emmanuel Macron, l’ensemble des composantes du mouvement anti-aéroport se sont engagées dans la gestion collective des terres et des communs (air, eau, fossés, haies, chemins, bois…).

L’abandon du projet d’aéroport annoncé par le gouvernement mercedi 17 janvier est donc, pour tous les opposants, un formidable acquis de la lutte collective, porteur d’espoir pour d’autres luttes. Ce n’est toutefois qu’une première étape. Attac France soutient les demandes portées collectivement par l’ensemble du mouvement contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, autour du texte dit « Les 6 points pour l’avenir de la Zad », notamment le gel de l’attribution des terres libérées, l’arrêt des expulsions et destructions de la Zad, la fin des procédures judiciaires envers les opposants, etc.

Attac France soutient l’éclosion et le foisonnement des alternatives menées sur la Zad, prémices d’un autre monde, fondées sur d’autres formes de production et de consommation et sur la solidarité. Cette solidarité s’exprime non seulement sur la Zad, mais aussi avec d’autres luttes : sans-papiers, migrants, résistances contre différents Grands projets inutiles et imposés, en France et dans d’autres pays.

Sans la Zad, l’aéroport aurait été construit : son apport à la victoire est inestimable et implique solidarité et soutien de notre part, comme l’exprime la déclaration commune de nombreuses associations, ONG et syndicats publiée récemment.

Nous appelons Emmanuel Macron et le gouvernement à suspendre immédiatement le projet visant à évacuer toute ou partie de la Zad par une opération militaro-policière.

Nous appelons aux rassemblements locaux de soutien à la Zad et à rejoindre massivement la mobilisation du 10 février à Notre-Dame-des-Landes, dans le bocage, pour « enraciner l’avenir sur la Zad ».




Apple et BNP Paribas veulent bâillonner Attac


L’année des 20 ans d’Attac débute par deux procès inédits face à Apple, la plus grande multinationale du monde et BNP Paribas, la première banque européenne.

Mardi 6 février à 8 h 30, Nicole Briend, militante d’Attac, est convoquée devant le tribunal de Carpentras, à la suite d’une plainte déposée par BNP Paribas. Son tort : avoir participé à une action symbolique de réquisition citoyenne de chaises pour pointer le rôle de la banque dans l’industrie de l’évasion fiscale.

Une semaine plus tard, lundi 12 février à 13 h 30, Attac est convoquée devant le tribunal de grande instance de Paris à la suite d’une assignation en référé déposée par Apple. La raison : empêcher les actions futures dans les Apple Store, telles que celles menées le 2 décembre 2017. Avec la campagne #ApplePayeTesImpôts, Attac dénonce l’évasion fiscale massive pratiquée par la marque à la pomme, exige le versement définitif de l’amende de 13 milliards d’euros infligée par la Commission européenne et demande à Apple de payer sa juste part d’impôts.

Ces deux actions en justice obéissent à la même logique : essayer de bâillonner Attac et nous empêcher de mener de nouvelles actions citoyennes pour dénoncer l’évasion fiscale des multinationales.

Pour ne pas se retrouver une nouvelle fois sous le feu des projecteurs, BNP Paribas ne sera même pas présente à Carpentras mais n’a pas retiré sa plainte. De son côté, Apple, elle-même visée par une plainte pour l’obsolescence programmée de ses iPhone, nous accuse de « vandalisme » et d’ « atteinte à la sécurité » pour demander une astreinte de 150 000 € en cas de future action d’Attac, alors que nos actions sont symboliques, non-violentes, menées à visage découvert et sans aucune dégradation matérielle.

Attac appelle à une large mobilisation des citoyen·ne·s, des forces sociales et politiques et accuse Apple et BNP Paribas de pratiquer l’évasion fiscale à grande échelle, avec tous ses effets dévastateurs sur la démocratie et les finances publiques et de chercher à bâillonner les citoyen·ne·s, journalistes et lanceurs/euses d’alerte qui agissent dans l’intérêt général en dénonçant l’impunité fiscale dont jouissent les ultra-riches et les multinationales.

Nous donnons donc rendez-vous les 5 et 6 février à Carpentras et le 12 février à Paris, pour montrer à Apple, BNP Paribas et aux autres multinationales qu’elles ne peuvent pas nous poursuivre devant les tribunaux sans en subir les conséquences : amplifier l’indignation suscitée par leurs pratiques fiscales et inciter de nouvelles personnes à faire le choix de l’action citoyenne pour les contraindre à payer leurs justes parts d’impôts dans les pays où elles exercent leurs activités.

Signez la pétition « BNP Paribas contre Nicole Briend : l’appel pour sa relaxe »C'est ici



Il y a un pépin dans l’Apple


Le 3 novembre Apple a lancé en grande pompe l’iPhone X afin de célébrer le dixième anniversaire de la « révolution » initiée par la commercialisation du 1er iPhone en 2007. En dix ans, 7 milliards de smartphones ont été produits dans le monde et ont contribué à façonner notre quotidien. L’impact inouï de cet objet sur l’esprit et les usages des consommateurs·rices, sur l’environnement, la vie privée ou la santé en fait un véritable symbole de notre époque. Il est également un des symboles de ses dérives : extraction polluante de métaux, exploitation des travailleurs·euses, course à la consommation, évasion fiscale, obsolescence programmée…

Les iPhone d’Apple illustrent parfaitement cette ambivalence : ils servent à signer des pétitions pour le climat alors qu’ils sont composés d’or, de tantale et de tungstène extraits en partie dans des zones de conflits. Leurs concepteurs·trices travaillent dans des bureaux écologiques ultramodernes en Californie, quand les ouvriers·ères chinois·e·s qui les fabriquent travaillent dans des conditions indignes et manipulent des produits toxiques. Ils arrivent toujours plus tôt dans les mains de nos enfants alors qu’on commence à peine à évaluer les effets pervers de l’omniprésence des écrans sur leur développement cérébral et leurs relations sociales. Le prix des iPhone ne cesse d’augmenter alors qu’Apple réalise une marge de près de 40% et a accumulé un pactole indécent de plus de 200 milliards d’euros dans les paradis fiscaux. Apple vante, à grands renforts de marketing, la haute technologie de ses smartphones mais ils résistent difficilement à une chute, sont volontairement non réparables ou modulables et sont rendus ou déclarés obsolètes en quelques années. La marque à la pomme promet une politique de recyclage ambitieuse, mais la majorité des composants des iPhone ne sont pas recyclés et finissent souvent dans des décharges illégales en Afrique ou en Chine.

Dix ans après la sortie du premier iPhone, la vraie « révolution » serait que des multinationales de l’électronique comme Apple produisent des smartphones socialement, écologiquement et fiscalement soutenables. La sortie de l’iPhone X, un événement commercial planétaire relayé par les médias, les réseaux sociaux et les fans de la marque à la pomme est le moment parfait pour montrer l’envers du décor, interroger Apple sur ses pratiques, informer sur les multiples impacts des smartphones et ouvrir plus largement un débat public sur leur omniprésence.

Malgré son statut de marque la plus puissante du monde, Apple joue très gros avec ce lancement. C’est l’occasion pour les consommateurs·trices d’interpeller la marque à la pomme au sujet de leurs véritables besoins en matière d’usages, de protection de l’enfance, de durabilité et de réparabilité. C’est aussi l’occasion pour les médias de dépasser le matraquage marketing qui accompagne la sortie des nouveaux iPhone et d’enquêter sur le côté obscur de la production des dernières nouveautés technologiques. Ce serait autant de grains de sable dans une mécanique apparemment bien huilée et mettrait la pression sur les pouvoirs publics afin qu’ils mettent un terme à la course au moins disant fiscal et aux atteintes aux droits humains et environnementaux.

Et pourquoi pas d’amorcer un changement plus profond de nos représentations et de nos attitudes par rapport aux géants du web et des technologies, premier pas vers une reprise de contrôle sur nos vies.

Sur les mécanismes d'évasion fiscale d'Apple, consultez le rapport publié par Attac Il est là




Non, il n’est pas trop tard pour stopper le CETA !


Le gouvernement a finalement annoncé son plan d’action pour « accompagner » l’application du CETA, traité de commerce et d’investissement entre le Canada et l’Union Européenne. Ce plan d’action ne répond pas aux grands risques engendrés par le CETA, notamment sur la santé, le climat et l’environnement, pourtant reconnus par la commission d’expert.e.s mandatée par le gouvernement. La stratégie du gouvernement n’est ainsi pas d’empêcher le pire, mais, en se plaçant sur le plan de la communication, d’éviter d’affronter les problèmes que pose l’accord. A l’heure où Emmanuel Macron veut se présenter comme leader international sur le climat, cette stratégie est inacceptable.

Les mesures proposées sont aux mieux inefficaces, au pire rigoureusement impossibles. On voit mal par exemple comment la proposition de mettre en place une force française spécialement dédiée à la détection des fraudes aux importations et présentée comme rassurante pour les éleveurs aurait la moindre chance d’être mise en œuvre. Au moment où l’Union européenne s’engage à l’OMC pour un allégement des contrôles aux frontières, cette mesure ne peut avoir aucune portée pratique.

De la même manière, les discussions envisagées par la France sur la tarification du carbone, sur les OGM et les pétroles issus de sables bitumineux, présentées comme devant rassurer les écologistes n’auront pratiquement aucune chance d’aboutir dès lors que le CETA serait ratifié : pourquoi le Canada accepterait-il de revenir sur ce que l’accord lui procure ?

L’irréalisme des propositions est frappant. Proposer un mécanisme de « veto climatique » exigerait un nouvel accord avec le Canada. Ni le Canada ni l’Union européenne n’ont l’intention d’ouvrir de nouvelles négociations. Proposer de remplacer le mécanisme d’arbitrage par une « cours bilatérale d’investissement » : s’il s’agit de substituer à l’ICS du CETA une nouvelle cours, la renégociation de l’accord est impérative, si le gouvernement désigne l’ICS lui-même déjà en place cela relève de la manipulation la plus grossière.

Quant à la proposition faite d’exiger de la Commission qu’elle conduise une politique commerciale transparente, on est dans le conte pour enfants et la première façon de l’obtenir est justement de commencer en ne ratifiant pas le CETA et en publiant immédiatement les mandats de négociation des autres accords.

Le Collectif Stop TAFTA/CETA s’étonne que le gouvernement n’ait pas donné un agenda clair de ratification. Nous voyons dans cette absence une tentative du gouvernement de laisser s’essouffler le débat public et s’éteindre la polémique, alors même que l’application provisoire de l’accord a commencé depuis un mois. Nous refusons cette stratégie de l’autruche, et appelons une nouvelle fois à ce que cette ratification soit l’objet d’un référendum après un débat large public. Nos organisations se mobiliseront en ce sens. Une journée nationale d’actions est d’ores et déjà prévue le 18 novembre.




Ordonnances : Macron dévoile sa « loi Travail jetable »


Le gouvernement vient de présenter les 200 pages de ses ordonnances pour réformer le droit du travail. La loi El Khomri permettait déjà de licencier des salarié·e·s en cas de simple diminution du chiffre d’affaires ou de la trésorerie, même de quelques euros. Mais cela ne suffisait pas. Au nom de la lutte contre les « freins à l’embauche », Emmanuel Macron et ses alliés du Medef veulent généraliser les salarié·e·s jetables.

Le « contrat de projet » ? C’est un CDD hyper-flexible : sans durée préétablie, sans prime de précarité, mais avec possibilité de licenciement à tout moment. Le plafonnement des indemnités prud’hommales ? C’est une carte blanche aux licenciements abusifs et à la délinquance patronale. Le référendum d’entreprise sur initiative patronale ? C’est une arme qui met les salarié·e·s le dos au mur pour leur imposer un projet d’accord refusé par les syndicats majoritaires. Et le « licenciement sui generis »  ? Une invention exécrable pour licencier automatiquement les salarié·e·s qui refuseraient la modification de leur contrat de travail suite à « l’accord ».

Pour Macron et le Medef, c’est cela « libérer le travail »  : le débarrasser du peu de protections qui lui sont encore attachées et qui « découragent les investisseurs d’investir et les entreprises d’embaucher » . Leur rêve ? Pouvoir se séparer d’un·e salarié·e aussi vite que d’un titre financier. Rien d’étonnant pour des gens qui ne voient le monde qu’à travers les lunettes de la finance et du très court terme.

Le président du Medef, Pierre Gattaz, a supplié Emmanuel Macron de « ne rien lâcher » sur cette réforme. Mais nous n’allons pas les laisser faire. Dans leur travail, les salarié·e·s mettent leur intelligence, leur savoir-faire, leur attention aux autres. Ils/elles veulent y être reconnu·e·s et respecté·e·s, et pas traité·e·s comme des Kleenex qu’on jette à la poubelle. Ils/elles valent mieux que ça !

Pour en savoir plus, consultez sur le site d'Attac France le petit Guide de résistance à la Loi Travail. C'est ici



Libérer le travail : oui, mais pas comme ça !


Avec ses ordonnances, Emmanuel Macron dit vouloir « libérer le travail ». Il a raison ! C’est vrai que le travail est emprisonné dans les injonctions de rentabilité et les logiques financières.

Il est urgent de redonner du pouvoir de décision aux salariés face aux employeurs, il est urgent de desserrer l’emprise des actionnaires par de nouveaux droits pour les travailleurs et les usagers. Le projet d’ordonnances fait exactement l’inverse : il veut plier toujours plus le travail aux exigences du patronat et de la finance.

Libérer le travail, c’est lui redonner du sens, c’est soutenir la créativité des travailleurs, c’est leur accorder le pouvoir de ralentir des cadences devenues folles et de s’opposer aux objectifs impossibles, c’est leur donner une maîtrise dans les restructurations qui ferment leur avenir, c’est leur permettre de refuser les miettes d’emplois, les jobs jetables et mal payés qui précarisent leur vie.

Libérer le travail implique d’accorder aux salariés et à leurs représentants de nouveaux droits pour un travail plus vivable et plus sain, pour une société plus juste et pour la planète.

Les ordonnances Macron prévoient tout le contraire !

. Priorité aux accords d’entreprise : c’est là où les rapports de force sont les plus défavorables aux salariés que seront négociées les conditions de travail et d’emploi (temps de travail, santé au travail, etc.), au mépris des normes d’ordre public ou des accords de branche

. Affaiblissement des représentants des salariés : fusion des instances représentatives du personnel, extension des possibilités de recours au référendum d’entreprises pour contourner les décisions syndicales

. Sécurité pour les employeurs : plafonnement des indemnités prudhommales pour licenciement abusif, réduction des délais de recours, etc.

. Précarité pour les salariés : extension des contrats de projet (ou « de chantier ») à d’autres secteurs que le bâtiment, extension des possibilités de recours à l’intérim et au CDD, ouverture des licenciements économiques aux filiales de multinationales affichant de bons résultats à l’échelle mondiale

. Avec les ordonnances, Macron veut court-circuiter les syndicats et les parlementaires pour imposer la feuille de route du Medef.

Ces ordonnances font le lit de politiques qui œuvrent à détruire l’emploi.

Les réformes qui depuis plus de 30 ans ont flexibilisé l’emploi en France n’ont pas permis de lutter efficacement contre le chômage. Au contraire, elles ont précarisé l’emploi, aliéné le travail et fragilisé l’économie.

Il est plus que temps de mettre fin à ces politiques !




A nos ami·e·s qui pensent qu’Emmanuel Macron n’est pas le président des banques et de la finance


Au lendemain du second tour de l’élection certain·e·s ont reproché à Attac d’avoir immédiatement qualifié Emmanuel Macron de « dernier avatar du néolibéralisme » et « d’ami de la finance, des banques et des multinationales ». En mettant la France en marche vers l’austérité, en enterrant la taxe européenne sur les transactions financières et en déroulant le tapis rouge aux plus riches et aux traders de la City, le nouveau président vient de lever le peu de doute qui subsistait sur son vrai visage.

Deux poids, deux mesures ! C’est comme cela que l’on pourrait qualifier les dernières annonces du gouvernement « ni de gauche, ni de droite  » d’Emmanuel Macron.

D’un côté, il accélère sa marche vers l’austérité avec la loi « Travail » XXL, la hausse de la CSG ainsi que la suppression annoncée de 125 000 postes dans la fonction publique, le gel du point d’indice et la réintroduction du jour de carence pour les fonctionnaires. « En même temps », selon son expression favorite, Emmanuel Macron déroule le tapis rouge aux banques et à la finance.

En décidant d’enterrer l’accord négocié depuis cinq ans pour la création d’une taxe européenne sur les transactions financières (TTF), bête noire de banquiers, Emmanuel Macron s’engage sur la voie d’une double régression. D’abord, il prive l’Union Européenne d’une mesure qui pourrait rapporter jusqu’à 35 milliards d’euros par an et piétine les engagements pris par la France lors de la COP 21 en matière de financement de la transition écologique et de soutien aux populations pauvres de la planète.

Ensuite, le président Macron veut profiter du Brexit pour attirer les banquiers et les traders de la City en annonçant l’abandon de la TTF européenne, la « simplification » de la fiscalité et la suppression de la taxe sur les hauts salaires. En même temps, il rabote la TTF française qui ne taxera pas les transactions financières intra-journalières, mesure pourtant nécessaire pour stopper le « trading à haute fréquence », qui fait peser une menace croissante sur la stabilité des marchés. Alors que le spectre d’une nouvelle crise financière est sur toutes les lèvres, Emmanuel Macron commet une grave erreur en donnant la priorité aux intérêts du monde de la finance sur la lutte contre la spéculation.

Et les cadeaux du nouveau président à ses amis, et anciens collègues ne s’arrêtent pas là, avec le plafonnement forfaitaire à 30 % sur les revenus de l’épargne ou la transformation de l’ISF en impôt sur la fortune immobilière (IFI). Ainsi, selon une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) publiées le 12 juillet 2017, les 10 % les plus riches vont concentrer « 46 % des gains des mesures fiscales à destination des ménages » prévues par le gouvernement.

En fin de compte, dans la nouvelle France dessinée par Emmanuel Macron, il vaut mieux être banquier et riche, sinon on n’est « rien » !




Nous avons trouvé les 200 milliards nécessaires à la transition sociale et écologique


Mardi 28 mars, l’association Attac a publié un rapport intitulé « Rendez l’argent ! » dans lequel elle montre qu’il est possible de récupérer chaque année plus de 200 milliards d’euros d’argent public confisqué. La publication de ce rapport, soutenue par un ensemble d’organisations, s’inscrit dans le cadre d’une série d’actions à l’initiative de l’espace commun de mobilisations « Nos droits contre leurs privilèges ».

Ce rapport fait notamment suite à l’action organisée par Attac le lundi 13 mars à l’Apple Store de Saint Germain-des-Près pour dénoncer l’évasion fiscale des multinationales et annonce la « Semaine internationale contre les paradis fiscaux » qui aura lieu à partir du 1er avril, à l’occasion de l’anniversaire de la révélation des «  Panama Papers ».

«  I want my money back  » : c’est la fameuse formule de Margaret Thatcher en 1979 qui réclama et obtint une « ristourne » de la quote-part du Royaume-Uni au budget européen. Aujourd’hui, «  we want our money back  ! » nous demandons que les centaines de milliards d’euros confisqués par l’évasion fiscale, par le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), par une fiscalité trop généreuse à l’égard des plus riches, par l’absence de taxe sur les transactions financières… nous soient restitués ! Et qu’ils servent aux urgences sociales et écologiques, à la réhabilitation des services publics, à la création des dizaines de milliers d’emplois nécessaires à la transition écologique ou encore au respect du droit au logement et à la solidarité internationale...

« L’impôt, qui devrait être vu comme une contribution citoyenne, est discrédité par la fraude et l’évasion auxquelles se livrent les privilégiés et cette injustice fiscale sape les fondements du contrat social  », dénonce Dominique Plihon , porte-parole d’Attac, économiste et coordinateur du rapport, « Pourtant l’argent est là, accumulé, dissimulé, évadé par les plus riches et les multinationales. Dans le rapport “Rendez l’argent”, nous montrons qu’il est possible de récupérer chaque année plus de 200 milliards d’euros d’argent public confisqué.»

«  Rien n’oblige à détruire l’emploi et les droits sociaux, à appauvrir les services publics ou à bloquer le financement de la transition écologique  », affirme Aurélie Trouvé , porte-parole d’Attac, économiste et coordinatrice du rapport, « mais il faut de la volonté politique pour mettre en place une série de mesures pour récupérer cet argent : cela passe par la lutte contre l’évasion fiscale, la taxation des transactions financières, une réforme fiscale visant une plus juste distribution des revenus et des richesses ou encore l’arrêt des grands projets inutiles et la suppression des subventions aux énergies fossiles. »


Lire le rapport et le charger en pdf



Un emploi pour chacun-e, la transition pour tous et toutes : ensemble, pour un million d’emplois climatiques en France à l’horizon 2020


Attac est co-signataire du rapport « Un million d’emplois climat » qui pose dans le débat public une proposition permettant de répondre à deux défis, l’accélération de la transition écologique et la lutte contre le chômage. Ce rapport montre qu’il est possible de créer d’ici 2020 un million d’emplois nets dans les secteurs liés à la transition écologique pour un coût total de 105 Md € en rythme de croisière.

Et ce n’est pas l’argent qui manque, mais la volonté politique ! Ce rapport montre qu’une transition écologique riche en emplois de bonne qualité peut être financée : la longue liste des niches fiscales défavorables à la transition écologique et la perte de recettes due à la fraude et à l’évasion fiscale sont les gisements qu’il faut exploiter pour financer la transition en complément de la nécessaire reprise en main du crédit.

7 mesures et orientations sont à prendre et à engager dès 2017 pour rendre cet objectif d’1 million d’emplois opérationnel :

1. Créer 250 000 emplois aidés labellisés « transition écologique ».

2. Créer 100 000 emplois « transition écologique » dans les services publics.

3. Investir dans les secteurs privés de la transition écologique pour créer 650 000 emplois.

4. Résoudre l’opposition entre protection du climat et perte d’emplois dans les secteurs fragilisés par une reconversion qui doit être anticipée et territorialisée avec une offre de formations adaptée.

5. Assurer la qualité et la protection sociale des emplois de la transition écologique juste.

6. Lancer une réflexion sur des changements structurels pour adapter les emplois au cadre de la transition écologique.

7. Conditionner les dispositifs de soutien au secteur privé à la création d’emplois de qualité en particulier dans des secteurs de la transition écologique.

Il est temps de mettre le curseur de l’action politique sur un futur écologiquement et socialement souhaitable !

Le succès de la transition écologique juste dépend en grande partie de la capacité collective à résoudre l’équation entre emplois détruits et créés et de la qualité et la pérennité des emplois crées pour que la transition devienne un réel projet collectif.

Dans la continuité de la publication de ce rapport, les organisations membres de la plateforme, dont fait partie Attac, vont lancer une campagne afin que chacun puisse s’impliquer dans cette mobilisation pour l’emploi et le climat !

Lire le rapport et le charger en pdf




Attac met les fraudeurs fiscaux et leurs complices derrière les barreaux


Vendredi 6 janvier 2017, 40 militant·e·s d’Attac ont occupé l’agence BNP Paribas d’Opéra à Paris. Ils se sont installés dans la banque pour dénoncer les responsables de l’évasion fiscale que sont les fraudeurs fiscaux et les multinationales, mais aussi ceux qui leur apportent leur soutien technique ou politique. Ils ont mis symboliquement en prison des figures connues de l’évasion fiscale : la BNP Paribas, qui possède quelques 200 filiales dans les paradis fiscaux ; McDonald, une multinationale qui pratique une optimisation fiscale agressive ; un particulier comme Patrick Balkany, député, qui masque son patrimoine derrière des montages financiers complexes ; un politique complaisant envers l'évasion fiscale comme Jean-Claude Juncker, président de la Commission Européenne. Ils ont souligné la nécessité d’agir concrètement et plus sévèrement contre ces responsables, afin de faire cesser l’impunité fiscale dont ils bénéficient.

« Nous pouvons lutter concrètement contre cette impunité fiscale : en renforçant les effectifs et les moyens de l’administration fiscale, de la police fiscale et du parquet financier qui traquent la délinquance financière, mais aussi en condamnant plus systématiquement les fraudeurs et leurs complices, les banques et les cabinets d’affaire. Si des dizaines de milliards d’euros échappent encore au fisc annuellement, c’est uniquement le résultat de décisions politiques. » rappelle Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France.

Faisons le siège des banques !

Les associations mobilisées contre l’évasion fiscale feront entendre ces revendications lors du premier procès d’un Faucheur de chaises, Jon Palais, poursuivi par BNP Paribas pour avoir participé à une action de réquisition citoyenne de chaises dans l’une de ses agences. Le collectif des Faucheurs de chaises appelle maintenant à la participation massive le 9 janvier 2017 à Dax au procès de l’évasion fiscale organisé en parallèle du procès de Jon Palais. Cet événement d’envergure nationale réunira des personnalités telles que Eva et Caroline Joly, qui seront les avocates de Jon Palais, Antoine Peillon, Edgar Morin, Patrick Viveret, des personnalités associatives, syndicales et politiques.



Attac transforme une agence BNP Paribas en salle d’urgence d’hôpital


Samedi 26 novembre 2016, 50 militant·e·s d’Attac, accompagnés de salarié·e·s du secteur de la santé, ont occupé l’agence BNP Paribas Paris Sébastopol. Sous les yeux des employé·e·s et des client·e·s, ils se sont installés dans la banque pour dénoncer l’impact de l’évasion fiscale sur le manque de moyens dans le secteur de la santé. Ils ont transformé l’agence en salle d’urgence et ont organisé l’autopsie de ce crime social et des graves maladies que sont l’hémorragie fiscale, l’insuffisance pénale, le cancer de la dette et la fracture sociale.

Le 8 novembre dernier, les personnels du secteur de la santé ont tiré la sonnette d’alarme sur la détérioration de leurs conditions de travail et des conditions d’accueil des patients. Alors que 60 à 80 milliards d’euros échappent chaque année au budget de l’État du fait de l’évasion fiscale, le gouvernement met un œuvre un plan triennal de 3,5 milliards d’économies sur les hôpitaux, prévoit la fermeture de 16 000 de lits et la suppression de 22 000 postes dans la fonction publique hospitalière.

La fraude aux prestations sociales représente 60 fois moins que la fraude fiscale, elle est de plus en plus traquée et stigmatisée. Les fraudeurs fiscaux, quant à eux, bénéficient d’un traitement de faveur et ne sont quasiment jamais condamnés. C’est une injustice que nous ne pouvons par tolérer.

En menant des actions qui lient évasion fiscale et financement des urgences sociales et écologiques, Attac entend démontrer que des solutions crédibles existent.