Novembre 2019



Dans l'actualité:

# Contre Amazon et son monde
# Retraites
# Privatisation d'ADP
# Multinationales






 

 

 

Attac Paris 19-20 - notre actualité :

Prochaine réunion du Comité

Jeudi 5 décembre à 19:30
Maison des Associations
1-3 rue Frédérick Lemaitre Paris 20e

Lettre mensuelle d'Attac Paris 19-20

La Lettre est accessible sous l'onglet "Documents et Archives", Rubrique "Les lettres mensuelles"

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Notre édito

NON AU BLACK FRIDAY ET À SA DÉBAUCHE DE CONSOMMATION

Combien de millions de cartons au logo souriant, en provenance des quatre coins du monde, vont inonder nos foyers ce vendredi 29 novembre ? Amazon sera l’un des grands gagnants du Black Friday, cette frénésie consommatrice importée d’Amérique du Nord.

Petit libraire en ligne devenu un géant tentaculaire, Amazon nous vend tout : de l’alimentation à la santé, en passant par l’hébergement de données. Jeff Bezos, l’homme le plus riche du monde, détient cette multinationale valorisée à 1 000 milliards de dollars, au chiffre d’affaires de plus de 230 milliards et qui emploie 650 000 personnes dans le monde.

Amazon bénéficie d’une totale impunité fiscale, environnementale et sociale. En construisant un système d’évasion fiscale pour échapper à l’impôt, en transférant artificiellement ses profits dans des paradis fiscaux, Amazon se met dans les poches les milliards nécessaires à l’éducation, la santé et les services publics.

En incitant à des livraisons de plus en plus rapides, Amazon vient augmenter les trafics aérien et routier, déjà néfastes pour notre planète.

La multinationale aurait détruit plus de 3 millions de produits neufs, invendus, en France, en 2018. Elle ne reprend pas les déchets électroniques et pollue plus que secteur de l’aéronautique par la surconsommation énergétique de ses fermes de serveurs.

Enfin, Amazon maltraite ses employé.e.s. qui sont mal payés, stressés et encadrés par une organisation interne impitoyable, avec un contrôle total de l’individu et de sa productivité. On a pu voir des salarié.e.s en Écosse obligé.e.s de dormir dans des tentes pour assurer leurs 60 heures de travail hebdomadaire. « Avoir un job et vivre comme un SDF, c’est ce que propose Amazon ».

Cette impunité n’est pas une fatalité ; il est urgent d’y mettre un terme en faisant primer les droits humains et environnementaux sur les profits. Mais il n’y aura pas de changement profond de politique sans inversion du rapport de forces. Ce vendredi 29 novembre, avec Attac, transformons le Black Friday en un « Vendredi noir pour Amazon ».>P> Pour nous rejoindre, inscrivez-vous ici : attac.org/l/agir.




 

 

Contre Amazon et son monde



Douze ans après l’ouverture de son premier entrepôt français à Saran (Loiret), Amazon a inauguré, en présence du secrétaire d’État au numérique Cédric O, un entrepôt géant équipé de 4 000 robots à Brétigny-sur-Orge dans l’Essonne. De nouveaux sites doivent voir le jour à Fournès dans le Gard et près de Metz en Moselle. Nous ne nous mobilisons pas contre les 7 500 salariés d’Amazon qui cible des bassins d’emploi sinistrés pour s’implanter à moindre frais. Mais les emplois promis par Amazon conduisent à l’aveuglement des élus et des membres du gouvernement qui préfèrent couper le ruban plutôt que de s’interroger sur la disparition de milliers de commerces de proximité pourvoyeurs d’emplois et de lien social partout en France.

Ce monde va une nouvelle fois s’incarner le vendredi 29 novembre prochain avec le Black Friday. Préparée à coups de publicités massives et de promotions extrêmes, cette journée incite les consommateurs à se ruer sur des millions de produits dont ils n’ont pas forcément besoin. Le Black Friday est un des vecteurs de la stratégie de prix cassés et de vente à perte qui a permis à Amazon de devenir le premier distributeur de textile et d’électronique en France. Cette vision du monde est en totale contradiction avec la profonde aspiration à une vie décente sur une planète vivable, exprimée notamment par les gilets jaunes ou les marcheurs pour le climat.

Il est urgent de stopper la construction des nouvelles infrastructures d’Amazon et des autres entreprises du e-commerce et de nous mobiliser pour le développement d’une économie locale créatrice d’emploi, génératrice de lien social tout en étant compatible avec les impératifs climatiques. Pour porter cette exigence et ne plus laisser Amazon balayer d’un revers de main les droits sociaux et environnementaux, nous appelons à transformer le Black Friday 2019 en un « Vendredi noir pour Amazon ». Le 29 novembre, nous mènerons des actions citoyennes partout en France pour perturber l’activité d’Amazon et promouvoir des alternatives afin de libérer toujours plus de monde de son emprise néfaste.


Pour transformer le Black Friday 2019 en un "Vendredi Noir pour Amazon" signez ici




Rapport Delevoye : baisse des pensions, projet inégalitaire, conception individualiste de la retraite



Le rapport Delevoye sur la réforme des retraites cherche à se parer de belles couleurs : une « réforme juste » qui n’oublie ni les précaires, ni les femmes, et prétend réduire les inégalités en améliorant le sort de 40 % des retraités les plus modestes.

Or limiter l’enveloppe globale de financement des retraites à moins de 14 % du PIB, alors que le nombre des retraités est appelé à augmenter, ne peut que conduire à la paupérisation des retraités par rapport aux actifs.? C’est le sens des réformes entreprises depuis 1993, et c’est le sens caché de celle qui est annoncée : baisser la dépense publique consacrée aux retraites et inciter ceux qui en ont les moyens à souscrire un contrat d'assurance retraite auprès d'une compagnie d'assurance privée.

Comment prétendre que l’on va améliorer les pensions des jeunes qui galèrent de CDD en CDD si on prend en compte la totalité de leur carrière au lieu des 25 meilleures années comme le fait aujourd'hui le régime général ? Même question pour ceux et celles qui ont subi de nombreuses années de chômage, de précarité, de temps partiel ?

Comment peut-on affirmer que les fonctionnaires vont compenser la suppression du calcul de leur pension sur leur traitement des six derniers mois par l’intégration des primes dans le traitement de référence quand on regarde les inégalités profondes de ces primes entre ministères, fonctions et collectivités territoriales ?

Comment peut-on dire que ce système est plus lisible alors qu’on ne garantit plus aucun taux de remplacement (le rapport entre la première pension et le dernier salaire), que le niveau de pension dépendra des variations de la valeur du point (dont la détermination reste la grande inconnue du rapport), de l’espérance de vie et de la conjoncture économique. Plus aucun repère pour le salarié qui voudrait bien savoir.

Comment prétendre que l’on ne touche pas à l’âge de la retraite alors qu’on invente un nouvel âge dit d’équilibre à 64 ans qui a précisément pour but de reculer l’âge effectif de départ en retraite ?

Comment peut-on oser recycler la vieille injonction à travailler plus longtemps quand il y a environ 6 millions de chômeurs toutes catégories confondues, et quand, parmi la génération née en 1964, à 59 ans, seule la moitié des salarié.es sont encore en emploi, 21 % en retraite anticipée, 29 % sans emploi ni retraite (au chômage, en congé maladie, inactifs,…) ?

Ce rapport repose sur un projet de société, disent ses défenseurs : cette fois le vice est assumé. La « retraite à la carte », résultat de choix individuels, est le substrat idéologique de cette réforme. L’individu est seul responsable de ses choix, donc du niveau de sa retraite.




Aéroports de Paris : dites NON à la privatisation



ADP c'est :

* Les trois aéroports internationaux de Paris et de sa région : Paris-Orly, Paris-Charles-de-Gaulle et Paris-Le-Bourget ainsi que 10 aérodromes civils d'aviation générale et un héliport,

* 105 millions de passagers et à ce titre la première frontière de France,

* 51% du trafic aérien intérieur et 83% du fret aérien,

* un chiffre d'affaires consolidé de 4,5 milliards d'euros en 2018, qui fait d'ADP le numéro 1 mondial de la gestion aéroportuaire,

* 610 millions de bénéfices, dont 189 millions de dividendes versés à l'Etat au titre de sa participation majoritaire (50,6%) dans le capital de la société,

* 6680 hectares de superficie, soit l’équivalent des 2/3 de la ville de Paris.

Cet actif stratégique pour l'aménagement du territoire, pour la mobilité et pour la sécurité, le gouvernement se propose de le céder au secteur privé. Pour quelles impérieuses raisons ?

Les 15 milliards d'euros que devraient rapporter cette cession seront, nous dit on, utilisés à hauteur de 5 milliards pour désendetter l'Etat tandis que les 10 milliards restants alimenteront un « Fonds pour l'innovation de rupture » dont les revenus, estimés à 250 millions d'euros par an, serviront à financer des projets innovateurs.

Tout cela n'est pas sérieux. Réduire de 5 milliards une dette publique de 2300 milliards d'euros ne modifiera en rien le taux d'endettement du pays. Quant aux 250 millions d'euros de revenu attendus du Fonds pour l'innovation, ils sont certes supérieurs aux 189 millions d'euros de dividendes qu'ADP a versés à l'Etat en 2019 mais ils seront rapidement inférieurs à ces dividendes si se confirment les prévisions d'ADP d'une croissance de 40% à 50% de son chiffre d'affaires et de ses résultats entre 2018 et 2025.

En outre, cerise sur le gâteau, le projet de cession prévoit que les actuels actionnaires minoritaires (au rang desquels figure Vinci, l’un des repreneurs potentiels) percevront une indemnité de 1 à 2 milliards d'euros en compensation de leur engagement à ne pas céder leurs parts dans le capital de la société pendant la durée de la concession, soit 70 ans. Du jamais vu !

Après la privatisation des autoroutes, dont presque tout le monde admet aujourd'hui qu'elle a été un énorme cadeau fait aux méga-entreprises du BTP aux frais des citoyens, la privatisation d'ADP s'annonce comme une nouvelle braderie du patrimoine national au bénéfice des mêmes.

Nouveauté : il est possible d'empêcher ce mauvais coup.

248 parlementaires de droite comme de gauche ont initié une procédure de Referendum d'Initiative Partagée, qui contraindra le gouvernement à soumettre la privatisation d'ADP à referendum si 10% des électeurs inscrits le demandent d'ici au 12 mars 2020.

10% des électeurs inscrits ce sont 4,7 millions de signatures à collecter en faveur du referendum. C'est beaucoup. Mais ce n'est pas inaccessible si vous signez la pétition tout de suite et si vous invitez vos proches, amis et relations à faire de même.

Pour signer la pétition, munissez vous de votre carte d'identité et de votre carte d'électeur et cliquez ici




La taxation unitaire pour lutter contre l’évasion fiscale des multinationales



Face aux dégâts considérables de l’évasion fiscale des entreprises multinatioanle et au laisser-faire des gouvernements, il existe des solutions proposées par de nombreuses organisations citoyennes : le reporting public pays par pays et la taxation unitaire.

Dans son nouveau rapport, à l’occasion du G7 Finance, Attac France en dévoile les contours et propose une mise en place rapide de ces systèmes de taxation plus justes, chiffres à l’appui.

Les scandales à répétition ont démontré l’existence d’une évasion fiscale massive des entreprises multinationales. Au total, le détournement des recettes publiques est estimé, en 2015, entre 750 et 900 milliards d’euros pour les pays de l’Union européenne par an, dont 118 milliards d’euros par an pour la France, soit un montant supérieur au déficit de l’État.

Les dégâts de l’évasion fiscale sont considérables puisque cet argent volé par les grandes entreprises et les plus riches est source d’injustice, remet en cause le consentement à l’impôt, et nuit aux politiques publiques de l’éducation, de la santé, du logement... L’évasion fiscale est la conséquence du laisser-faire des gouvernements. Les mesures proposées, telles que la “taxe GAFA” en France, votée en juillet 2019, ne sont pas à la hauteur des enjeux, comme Attac l’a montré. Il existe des solutions proposées par de nombreuses organisations citoyennes et par des universitaires pour stopper l’évasion fiscale des multinationales, en s’attaquant à ses racines : le reporting public pays par pays d’une part, et la taxation unitaire, d’autre part.

Le principe de la taxation unitaire est simple : il consiste à taxer le bénéfice global des entreprises multinationales, en considérant celles-ci comme une entité unique, puis dans une seconde étape, à répartir ce bénéfice dans les pays où ces entreprises réalisent effectivement leur activité.

Dans ce rapport, Attac démontre, chiffres à l’appui, qu’appliquer la taxation unitaire, et donc lutter réellement contre l’évasion fiscale des multinationales, est possible dès maintenant. La taxation unitaire pourrait être mise en oeuvre dès à présent en France à condition d’une réelle volonté politique. Ce qui constituerait une première étape vers une réforme de la fiscalité internationale, dans un souci de justice fiscale.

En partant des données disponibles, les expert·e·s d’Attac ont travaillé sur les comptes de huit entreprises multinationales appartenant à des secteurs différents : Amazon, Apple, Microsoft, Bayer-Monsanto, BNP-Paribas, Facebook, Google et Total. Une estimation des impôts que ces huit entreprises auraient dû payer, si la taxation unitaire était en place, donc en l’absence d’évasion fiscale, a été réalisée. Les résultats sont édifiants.

Sur la base des données aujourd’hui déclarées :

* Amazon, Apple, Bayer-Monsanto, Facebook, Google, Microsoft et Total auraient dû payer, au total, près d’1,5 milliard d’euros en 2017, c’est-à-dire le double de ce que celles-ci ont effectivement payé;

* Total aurait dû acquitter en 2017 un montant 30 fois supérieur au montant effectivement payé, dont une partie aux pays en développement où sont réalisés les profits, ce qui illustre la nécessité d’une justice fiscale internationale.

Sur la base de données obtenues par un reporting public des entreprises multinationales :

* 2 milliards d’euros, c’est ce que les GAFAM et BNP-Paribas auraient dû payer en France d’impôt sur les sociétés, au lieu de 0,5 milliard d’euros dont elles se sont effectivement acquittés,

* Apple, Microsoft, Facebook et Google auraient dû payer un impôt sur les sociétés de 7 à 22 fois supérieur à ce qu’elles ont effectivement payé,

* Amazon aurait dû payer un impôt 70% supérieur à ce dont elle s’est acquitté en France.

Ce rapport est centré sur la taxation des multinationales sur le territoire français. Il s’agit d’une première étape. En effet il faut également aborder la question de la taxation des multinationales à l’échelle mondiale, dans un souci de justice fiscale internationale, en prenant en compte la situation spécifique des pays du Sud, qui sont particulièrement affectés par les méfaits de l’évasion fiscale.

Pour défendre ces mesures de justice fiscale, Attac se mobilisera pleinement lors du Contre-G7 à Hendaye et Irun du 19 au 26 août.

Le rapport est accessible ici



Stop à l’impunité des multinationales !



Une coalition de plus de 150 organisations de 16 pays européens a rendue publique le 22 janvier une pétition pan-européenne demandant aux dirigeants européens de mettre fin au système de justice d’exception dont bénéficient les entreprises multinationales et d’introduire des régulations contraignantes pour qu’elles respectent les droits humains et l’environnement.

Des droits pour les peuples, des règles pour multinationales

Aux Présidents de la Commission européenne et du Conseil de l’UE, aux représentants des Etats membres et aux parlementaires européens.

"Les accords de commerce et d’investissement confèrent aujourd’hui aux entreprises multinationales des droits exorbitants et leur donnent accès à un système de justice parallèle pour les protéger.

Nous demandons à l’Union européenne et à ses Etats membres de mettre fin à ces privilèges en révoquant les clauses d’arbitrage entre investisseurs et États des accords de commerce et d’investissement en vigueur, et en s’abstenant de conclure des accords de ce type à l’avenir.

"Nous demandons également à l’Union européenne et à ses Etats Membres de soutenir les négociations en cours aux Nations Unies en vue de l’adoption d’un traité contraignant relatif aux entreprises multinationales et aux droits humains, mettant fin à leur impunité.

L’Union européenne et ses Etats Membres doivent inscrire dans leurs législations des obligations contraignant les entreprises transnationales à respecter les droits humains et l’environnement dans leurs activités et opérations dans le monde entier.

Les victimes de dommages et de violations dont les droits humains sont bafoués par des entreprises doivent avoir accès à la justice."


A la date du 6 juin 2019, cette pétition a recueilli plus de 565.000 signatures. Si vous ne l'avez pas signée, il est encore temps de corriger cet oubli. Pour signer la pétition, cliquer ici



Nouveau rapport d’Attac : « Les grandes entreprises françaises : un impact désastreux pour la société et la planète ! »



Attac France, en partenariat avec l’Observatoire des multinationales, publie ce rapport qui synthétise le véritable bilan des entreprises du CAC 40 en matière de justice sociale, justice écologique et justice fiscale.

A l’occasion du Forum économique mondial de Davos 2019 et de la deuxième édition du « Choose France summit », Attac France fait une série de propositions concrètes lesquelles, si elles étaient mises en œuvre par les pouvoirs publics, contribueraient à répondre aux exigences de justice sociale, fiscale et climatique aujourd’hui portées par la majorité de la population.

Dans ce rapport il est révélé qu’entre 2010 et 2017 : les impôts versés par les entreprises du CAC 40 ont baissé de 6,4 % en valeur absolue, alors que leurs bénéfices cumulés ont augmenté de 9,3 % et les dividendes versés aux actionnaires de 44 % en valeur absolue également sur la même période, tandis que leurs effectifs en France ont baissé de 20 %.

Quelle justice sociale alors que les profits des grandes entreprises françaises, les dividendes et les rémunérations des hauts dirigeants s’envolent quand les effectifs mondiaux stagnent et qu’ils diminuent fortement en France ?

Quelle justice climatique alors que les émissions de CO2 des sites les plus polluants du pays ont augmenté de 5 % en 2017 et que ces émissions, notamment issues d’entreprises du CAC 40, échappent largement à la fiscalité carbone ?

Quelle justice fiscale alors que les entreprises du CAC 40 ont plus de 2 500 filiales dans les paradis fiscaux et payent moins d’impôts aujourd’hui qu’en 2010 ?

Le texte intégral de ce rapport est accessible depuis ce site sous l'onglet « Documents et archives », rubrique « Les articles ».