novembre 2018



Dans l'actualité:

#Pas avec notre argent
#Macronneries
# Stop CETA







 

 

 

Attac Paris 19-20 - notre actualité :

Réunion mensuelle du Comité local

Jeudi 6 décembre à 19:30
Maison de la Vie Associative et Citoyenne du XXe
1-3 rue Frédéric Lemaître, Paris 20e

Projection-débat

La part du solidaire
Un film de Gilles Trinques
Débat animé par le réalisateur avec la participation d'un sociétaire des "400 Coop" Jeudi 29 novembre à 19:30
Centre d'Animation Ken Saro Wiwa
63 rue de Buzenval, Paris 20e

Lettre mensuelle d'Attac Paris 19-20

La Lettre est accessible sous l'onglet "Documents et Archives"

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A bientôt !



Notre édito

À Romainville, une forêt à défendre !

Il existe à Romainville une grande forêt sauvage qui a pris la place d’anciennes carrières de gypse où la nature a repris ses droits. Elle abrite de nombreuses espèces protégées : hérissons, écureuils roux, lézards des murailles, orvets, chauve-souris. Sans oublier 23 espèces d’oiseaux : éperviers d’Europe, pics épeiches, buses, fauvettes à tête noire, etc.

La région Île de France prétend faire de ce poumon vert de 27 hectares une « base de loisirs » avec poney club, solarium…, alors qu’aux alentours, 40 hectares d’espaces verts boisés sont laissés à l’abandon. Elle a obtenu pour cela le droit de détruire un tiers de la forêt malgré la présence d’espèces protégées.

Mais la résistance s’organise…

Le collectif « Les Amis de la Corniche des Forts » dénonce un projet de défrichage de plus de 2 000 arbres et l’injection de plusieurs tonnes de coulis de béton pour combler les carrières : un projet écologiquement aberrant à l’heure du réchauffement climatique et des menaces sur la biodiversité. Grâce à leur mobilisation, ces opposants ont réussi à bloquer la réalisation des travaux et les engins sont à l’arrêt depuis le 19 octobre. La présidente du Conseil régional d’Île de France, Valérie Pécresse, a demandé au tribunal administratif l’autorisation de faire expulser les activistes. Sa requête ayant été rejetée, ils ont pu fêter cette première victoire.

Mais rien n’est encore vraiment gagné : la région n’entend pas en rester là et prévoit la réalisation d’une clôture de 1,6 km de longueur, dont le coût s’élèverait à 100 000 euros. Aujourd’hui, le budget prévu pour la base de loisirs est de 24 millions d’euros. La municipalité de Romainville utilise ce projet pour favoriser la gentrification en cours de la ville.

Les Franciliens sont appelés à rejoindre les opposants qui se mobilisent tous les jours pour protéger la forêt, obtenir un moratoire et renégocier le projet.






 

 

Le LDDS est-il vraiment durable et solidaire ?



Le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) (comme le Livret A et le Livret d’épargne populaire), fait partie de l’épargne réglementée par les pouvoirs publics, ce qui permet de bénéficier de placements sûrs, à des taux d’intérêt plafonnés mais indexés sur l’inflation et dont les intérêts versés sont exonérés d’impôt et de prélèvement social. Le montant total de l’épargne placée par les français·e·s sur les 23,9 millions de LDDS s’élevait à 106 milliards d’euros en juin 2018. Cette épargne réglementée est censée être utilisée pour des investissements à long terme en faveur du logement social, des collectivités locales, des PME ou de la transition écologique. Mais est-ce vraiment la réalité ?

Non !

Les grandes banques et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) collectent et gèrent l’argent du LDDS de manière opaque. Seule une petite partie de cet argent finance réellement la transition écologique, les travaux d’économie d’énergie dans les bâtiments anciens ou l’économie sociale et solidaire.

Pire, les banques et la CDC sont incapables de garantir que l’argent du LDDS n’alimente pas les 200 multinationales responsables de 90% des émissions de gaz à effet de serre, cause majeure des dérèglements climatiques. Un rapport publié en décembre 2017 par 350.org et l’Observatoire des multinationales démontre que la CDC investit massivement dans des multinationales du secteur des combustibles fossiles telles que Engie ou Total et notamment dans 12 projets particulièrement polluants et dangereux pour le climat et les communautés.

Alors que faire ?

Se mobiliser pour :

Exiger la transparence à la CDC et aux banques sur l’usage qu’elles font de l’argent du LDDS ;

Obtenir l’exclusion des 200 entreprises responsables de 90% des émissions de gaz à effet de serre, cause majeure des dérèglements climatiques, par une réglementation stricte et contraignante, des portefeuilles financés par l’épargne du LDDS.

Comment ?

En vous impliquant dans la campagne #PasAvecNotreArgent afin que l’épargne du LDDS ne soit plus utilisée pour financer les énergies fossiles et la finance nocive. Notre objectif à moyen terme : sortir des milliards d’euros de ces industries toxiques et les orienter vers un pôle bancaire public écologique et solidaire placé sous contrôle citoyen.

Avec cette campagne, chaque citoyen·ne peut agir individuellement et collectivement :

. Signer et relayer la pétition « L’argent du Livret de Développement Durable et Solidaire ne doit plus financer la destruction du climat ! » Cliquer ici

. Demander à sa banque via Twitter ce qu’elle fait de l’argent du LDDS ; Cliquer ici

. Vous inscrire pour participer aux actions symboliques et artistiques partout en France. Cliquer ici




Démission de Nicolas Hulot : l’écologie n’est pas compatible avec le Macronisme



La démission de Nicolas Hulot est une clarification : la transition écologique ne peut s’accommoder des petits pas – et des grands renoncements – d’un gouvernement pro-business qui n’a jamais renoncé aux politiques productivistes et néolibérales qui nous conduisent dans le mur.

Taxe sur les transactions financières, CETA, glyphosate, huile de palme, nucléaire, grandes infrastructures inutiles (Europa City, Grand Contournement Ouest de Strasbourg...), Montagne d’Or en Guyane, permis d’exploration d’hydrocarbure "Guyane Maritime" pour Total, reculs sur la loi hydrocarbures, etc. : les arbitrages perdus par Nicolas Hulot au cours des douze derniers mois sont éloquents. Dès qu’il s’est agi de prendre des décisions touchant à la puissance des lobbies, aux droits acquis des multinationales, à la transformation des soubassements matériels de l’économie, Emmanuel Macron et son gouvernement ont tergiversé, reporté à plus tard ou limité les ambitions affichées dans les grands discours.

A la communication autour d’une politique résolument « moderne » s’est substituée la dure réalité de mesures issues de l’ancien monde où la fuite en avant libérale a conduit à multiplier les cadeaux aux plus riches, renforcer le pouvoir de ceux qui l’ont déjà et entériner un modèle productiviste qui aggrave le désastre écologique annoncé. Le Make-Our-Planet-Great-Again lancé suite à la décision de Donald Trump de quitter l’Accord de Paris a vite été supplanté par un classique et toxique Business-As-Usual auquel Nicolas Hulot n’a jamais su s’opposer.

La France serait encore le pays le plus en pointe en matière de lutte contre les dérèglements climatiques ? Même infondé, ce constat ne saurait éluder une dure réalité : dans une classe de cancres, même le meilleur des cancres est encore un cancre. Trop peu, pas assez vite, trop de renoncements coupables, le bilan écologique et climatique de la première année de présidence Macron, que met à nu la démission de Nicolas Hulot, est désastreux.

Alors que les records de température s’empilent et que les catastrophes écologiques se multiplient, on attend des chefs d’État et des élus des pays prétendant être à la pointe du combat écologique et climatique qu’ils prennent des décisions courageuses et visionnaires, quitte à perturber le jeu économique et les intérêts des puissants. Ce sursaut n’est pas venu. Pire, si l’on en croit les orientations dévoilées par Edouard Philippe, ces enjeux, majeurs pour notre avenir commun, ne sont pas prioritaires.

Il est pourtant encore temps de changer de voie. Il est encore temps de faire en sorte que les lobbies ne soient pas toujours ceux qui gagnent à la fin. Il est encore temps de mener des politiques écologiques qui soient à la hauteur des défis auxquels nous faisons face. Il est encore temps de changer de paradigme. Encore faut-il avoir le courage d’abandonner l’ancien monde libéral et productiviste qui sert aujourd’hui de doctrine idéologique à Emmanuel Macron et ses soutiens.

Il n’y aura pas de changement majeur sans mobilisations et actions citoyennes. C’est ce que préparent les militants d'Attac avec des centaines de partenaires du 8 au 15 Septembre prochain : des milliers d’actions sont prévues en France et partout dans le monde pour prendre le contrôle sur la finance et notre avenir.



«Exit tax : le nouveau cadeau d’Emmanuel Macron aux trop riches



Emmanuel Macron a annoncé la suppression en 2019 de l’exit tax, l’une des rares dispositions destinées à lutter contre l’exode fiscal des contribuables français. En vigueur depuis 2012, cette taxe impose les plus-values réalisées par les entrepreneurs lorsqu’ils transfèrent leurs actifs à l’étranger. Cette décision a été annoncée dans une interview au magazine états-unien Forbes, tourné vers un lectorat fortuné. Emmanuel Macron a indiqué vouloir envoyer un « signal positif » aux investisseurs financiers et renforcer l’attractivité de la France par cette décision. Il a affirmé que les détenteurs de capitaux doivent être libres de déplacer leur argent où et comme ils le souhaitent.

Cette décision est doublement inacceptable. En premier lieu, la suppression de l’exit tax envoie un signal clair : la libre circulation des capitaux passe avant la lutte contre l’évasion fiscale qui n’est donc pas une priorité pour Emmanuel Macron et son gouvernement. Or l’évasion fiscale coûte 60 à 80 milliards d’euros à l’État et contribue à affaiblir les politiques publiques.

En second lieu, la suppression de l’exit tax renforce le caractère profondément injuste de la politique fiscale d’Emmanuel Macron. En effet, cette décision vient s’ajouter aux baisses d’impôts octroyées aux entreprises et aux contribuables les plus fortunés, à commencer par la baisse de l’impôt sur les sociétés, la suppression de l’ISF, l’instauration de la flat tax à 30%.

Un an après son élection, Emmanuel Macron n’a jamais aussi bien porté son surnom de « président des très riches ». Alors qu’il déclare qu’il n’y a pas d’argent magique pour les hôpitaux, il décide de priver l’État, si la volonté politique pour recouvrir cette taxe était à la hauteur de l’enjeu, de 800 millions d’euros de recettes par an. Et ce, au détriment du plus grand nombre et toujours en faveur d’une extra-minorité !

C’est un scandale démocratique supplémentaire car l’évasion fiscale fait 67 millions de victimes par an en France. Au lieu de renforcer les moyens pour rendre cette taxe efficace, et ainsi lutter réellement contre l’évasion fiscale, le gouvernement va en marche arrière en envoyant un signal clair aux investisseurs qui pratiquent l’exode fiscal..



« L’argent magique » de Macron, pour les riches seulement



Mis en difficulté par une infirmière qui l’interpellait au sujet du manque de moyens dans son hôpital, Emmanuel Macron a fini par répliquer qu’il n’y avait pas d’« argent magique ».

C’est doublement faux !

Dans le budget de 2018, le premier de sa présidence, Emmanuel Macron a su trouver 17 milliards d’euros d’argent public pour baisser les impôts des entreprises et 7 milliards pour les ménages les plus fortunés, dont la moitié en supprimant l’ISF. Maintenant que cet argent a été distribué au plus riches et aux multinationales, Emmanuel Macron et son gouvernement se servent des habituels prétextes de la dette et des déficits pour réduire les dépenses publiques, dans les hôpitaux, les écoles, les universités, les Ehpad, les prisons, alors que les besoins en personnel et investissements sont criants.

Si les déficits et la dette ont flambé ces trente derrières années, c’est que les recettes publiques ont été progressivement érodées par les politiques libérales, les cadeaux fiscaux, l’évasion et la concurrence fiscales. Derrière le sempiternel besoin de « modernisation de l’économie » Emmanuel Macron veut parachever le rêve des néolibéraux en cassant ce qu’il reste de la solidarité et des services publics pour tout soumettre à la loi de la rentabilité. Emmanuel Macron est en réalité le triste héritier de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher dont les politiques désastreuses ont fini par nous apporter Trump et le Brexit.

Mobilisons-nous pour récupérer l’« argent magique » caché par Macron !

Attac a dressé une liste, non exhaustive, de l’« argent magique » qu’Emmanuel Macron ignore délibérément :

> Lutter efficacement contre l’évasion fiscale en allant bien plus loin que les timides mesures de la loi « petite fraude » qui oublie l’évasion fiscale des plus riches et des multinationales = jusqu’à 80 milliards d’euros par an ;

> Taxer l’ensemble des transactions financières pour réduire la spéculation boursière = jusqu’à 36 milliards d’euros par an ;

> Remettre en cause des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises prévus par le budget Macron de 2018 = 24 milliards d’euros par an ;

> Supprimer les niches fiscales les plus injustes et inefficaces, en particulier le Pacte de responsabilité et le CICE qui ont augmenté les profits des entreprises mais n’ont jamais créé le million d’emplois promis par le Medef = 50 milliards d’euros par an ;

> Supprimer des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles, indispensable pour réduire les émissions de CO2 = 10 milliards d’euros par an.

Ces mesures permettraient de sauvegarder nos services publics de plus en plus menacés et d’engager la nécessaire transition sociale et écologique de nos économies. Elles pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste, poussé par les citoyen·ne·s, associations, mouvements et syndicats.




Non, il n’est pas trop tard pour stopper le CETA !


Le gouvernement a finalement annoncé son plan d’action pour « accompagner » l’application du CETA, traité de commerce et d’investissement entre le Canada et l’Union Européenne. Ce plan d’action ne répond pas aux grands risques engendrés par le CETA, notamment sur la santé, le climat et l’environnement, pourtant reconnus par la commission d’expert.e.s mandatée par le gouvernement. La stratégie du gouvernement n’est ainsi pas d’empêcher le pire, mais, en se plaçant sur le plan de la communication, d’éviter d’affronter les problèmes que pose l’accord. A l’heure où Emmanuel Macron veut se présenter comme leader international sur le climat, cette stratégie est inacceptable.

Les mesures proposées sont aux mieux inefficaces, au pire rigoureusement impossibles. On voit mal par exemple comment la proposition de mettre en place une force française spécialement dédiée à la détection des fraudes aux importations et présentée comme rassurante pour les éleveurs aurait la moindre chance d’être mise en œuvre. Au moment où l’Union européenne s’engage à l’OMC pour un allégement des contrôles aux frontières, cette mesure ne peut avoir aucune portée pratique.

De la même manière, les discussions envisagées par la France sur la tarification du carbone, sur les OGM et les pétroles issus de sables bitumineux, présentées comme devant rassurer les écologistes n’auront pratiquement aucune chance d’aboutir dès lors que le CETA serait ratifié : pourquoi le Canada accepterait-il de revenir sur ce que l’accord lui procure ?

L’irréalisme des propositions est frappant. Proposer un mécanisme de « veto climatique » exigerait un nouvel accord avec le Canada. Ni le Canada ni l’Union européenne n’ont l’intention d’ouvrir de nouvelles négociations. Proposer de remplacer le mécanisme d’arbitrage par une « cours bilatérale d’investissement » : s’il s’agit de substituer à l’ICS du CETA une nouvelle cours, la renégociation de l’accord est impérative, si le gouvernement désigne l’ICS lui-même déjà en place cela relève de la manipulation la plus grossière.

Quant à la proposition faite d’exiger de la Commission qu’elle conduise une politique commerciale transparente, on est dans le conte pour enfants et la première façon de l’obtenir est justement de commencer en ne ratifiant pas le CETA et en publiant immédiatement les mandats de négociation des autres accords.

Le Collectif Stop TAFTA/CETA s’étonne que le gouvernement n’ait pas donné un agenda clair de ratification. Nous voyons dans cette absence une tentative du gouvernement de laisser s’essouffler le débat public et s’éteindre la polémique, alors même que l’application provisoire de l’accord a commencé depuis un mois. Nous refusons cette stratégie de l’autruche, et appelons une nouvelle fois à ce que cette ratification soit l’objet d’un référendum après un débat large public. Nos organisations se mobiliseront en ce sens. Une journée nationale d’actions est d’ores et déjà prévue le 18 novembre.